En ce quatrième jour, nous continuons notre progression vers le nord. La végétation est de plus en plus verte et abondante, nous montons en altitude et les barrages routiers de plus en plus nombreux … c’est encore loin Chianrai ?
Nous faisons une halte dans la région du Lampang. Cette ville a perdu son côté pittoresque au profit d’une modernisation un peu anarchique. Visite du Wat Phra That Lampang Luan. Ce temple ne m’a pas laissé un souvenir impérissable et pour être tout à fait honnête, si je n’avais pas pris de notes je crois même que je l’aurais complètement oublié.
La mémoire me revient un peu, aidée par la chronologie des photos mais il ne reste que quelques souvenirs de cette journée : un lac immense au bord du quel nous avons fait la pause déjeuner, des plantations d’ananas sur les collines, des arbres à teck à profusion et des heures de route avant d’arriver à bon terme. Nous nous dirigeons vers les montagnes du Nord. Chianrai est le carrefour routier de cette province limitée au nord-ouest par la Birmanie et au nord-est par le Laos.
Notre guide nous perd, notre chauffeur s’agace mais nous arrivons quand même à trouver le village où vivent encore quelques minorités ethniques. Alors qu’à la faveur des tours et détours nous imaginions trouver un lieu perdu au milieu de la forêt, en fait, à quelques encablures de la route principale, se trouve un village … typique certes mais avec un droit d’entrée payant (cher, très cher) et un parking à autocars … déception, nous sommes bien loin d’un rendez-vous en terre inconnue !
Soyons positif, ce sera l’occasion de faire de belles photos mais ce lieu nous met extrêmement mal à l’aise. Je n’aime pas jouer les voyeurs devant une population qui tient davantage du folklore que de l’authenticité … Le village est fait de maisons traditionnelles, en bois ou torchis et différentes ethnies y résident. De religions différentes, elles vivent toutes en autarcie dans ce village d’où elles ne peuvent pratiquement pas sortir … enfin, c’est ce que nous a dit notre guide mais comme avec du recul elle nous a dit beaucoup de non-vérités …
La tribu des Padaung d’où sont issues les « femmes girafes » est une minorité ethnique de Birmanie. Ils ont fui le régime militaire Birman dans les années 90 et leur statut dans le village ne nous a pas semblé bien clair. Finalement, je crois que ce lieu sera un regret davantage qu’un beau souvenir …
Quand enfin nous arrivons à notre hôtel, la journée a été longue, très longue et l’hôtel est lugubre, très lugubre ! La nuit a pratiquement envahi les lieux, nous sommes perdus au milieu de nulle part et les seuls occupants de l’établissement (nous, le guide et les moustiques). Je me dégourdis les jambes dans la piscine au fond bleu marine et je me fais le film (de guerre) tant l’endroit est glauque. Les grenouilles qui tiennent lieu de fontaine sont en berne, le bar de la piscine désaffecté, les fils électriques pendent et les serviettes de piscines sont usées à la corde … ce lieu me colle la chair de poule mais contre toute attente, les températures plus clémentes et l’air est moins étouffant nous offriront notre première nuit réellement réparatrice … seules les puces viendront réveiller notre amie et lui laisseront un souvenir tenace pendant les jours qui suivront !