« Je m’appelle Mignonne mais je ne le suis pas. je ne l’ai jamais été, je ne le serai jamais ». Mignonne c’est ainsi que la surnomme son papa et il y a bien plus de mal-être dans la vie de Sarah que ne pourrais le laisser présager ce petit nom. Alors très tôt, Sarah décide d’échapper à son environnement familial. Une première fugue sera le début d’une longue errance de ville en ville. Contrairement à sa mère, Sarah ne reviendra pas. De militaire à cuisinière, toujours en mouvements, sa vie est faite de rencontres en bord de routes jusqu’à Farr où elle rejoint l’équipe de Cal, le shérif de la petite ville.
Une écriture flamboyante
Conseillé par mon libraire, ce livre m’a vraiment sortie de ma zone de confort. J’ai adoré l’écriture, économe, brute, à l’os presque. Ici, pas de longues phrases pour décrire le ciel bleu azur, James Sallis va à droit l’essentiel à grand coup d’ellipses. Lire Sarah Jane c’est plonger au cœur des États Unis et c’est surtout se fondre dans une étrange atmosphère.
Dans ce livre, tous les personnages sont à la marge, désabusés et s’accrochent à leur existence comme ils peuvent, parfois par un simple fil. On n’est jamais loin de la tragédie, c’est noir mais jamais désespéré. C’est un livre qui se mérite, la trame est bouillonnante et il n’est pas évident de ne pas perdre le fil de l’histoire livrée par bribes. J’ai tourné la dernière page aussi décontenancée que séduite. Chaque fois que je perdais la trame, cette écriture magnifique me rattrapait au vol et Sarah Jane est un roman magistral, un livre d’atmosphère bien plus qu’un polar !