Avoir peur. Avoir mal. Regretter. En vouloir à la vie. Regarder en arrière, puis très loin en arrière, être nostalgique à en vomir, être en colère, revenir vers demain puis finalement se concentrer sur aujourd’hui.
C’était il y a un an. Tout a changé. En quelques jours. Se lever un matin, partir à la plage pour moi, en montagne pour lui puis à la fin de la journée un seul de nous deux est revenu et celui qui est resté a cherché l’autre, un jour, deux, trois … et la sentence, terrifiante, est tombée au bout du cinquième jour.
C’était il y a un an. L’espoir et le désespoir se sont succédés, prenant mon destin en main, en otage. D’un excès à l’autre. D’envies en rejets il a fallu avancer, un peu trop vite au début, puis trop lentement. Finalement se poser, attendre, prendre le temps. Respirer, reprendre son souffle.
C’était il y a un an. Constater que la famille c’est ce que l’on a de plus cher, que les amis n’en sont pas tous, que les proches ne le sont pas tant que ça, qu’à contrario des personnes que l’on cotoyait « comme ça » se sont révélés des soutiens précieux et sont devenus chers, que ceux qu’on a négligé pendant des années sont toujours là. Retrouver des amis d’enfance, retomber en enfance, oublier, ralentir, ralentir encore … puis repartir.
C’était il y a un an. Il a fallu tout recommencer. Retrouver du travail, réapprendre un quotidien, se battre avec les tracas financiers, se dire que plaie d’argent n’est pas mortelle, ne jamais oublier que tout est possible, avoir des envies, un peu trop parfois, puis plus du tout mais croire en demain.
Puis cet été il y a eu quelques jours de vacances, de vraies vacances, un road trip à vélo, loin du bruit et de l’agitation. Une parenthèse salvatrice, des tours de pédales par milliers avec rien. Enfin, non, pas rien, juste l’essentiel : deux sacoches, une tente et un ami. Un vrai. De ceux qui attendent patiemment que le ralentissement vienne, que le souffle s’apaise, que l’équilibre se fasse, fragile au début puis au fil des jours plus stable et qu’un matin j’aie « le sourire joli ».
Et puis ces dernières semaines il y a eu les souvenirs, qui sont remontés à flots, par vagues … jusqu’à ces derniers jours, de plus en plus nombreux, de plus en plus précis, souvent douloureux. Il y a eu ces repères de l’année qui maintenant ne seront plus les mêmes, enfin, je crois. Il y a eu les larmes, les constats ultimes, puis la paix.
Aujourd’hui je veux que cette rage de vivre qui m’a fait renverser les obstacles et rebondir se calme un peu. Je sais que l’on peut tomber et que tout peut s’arrêter mais je sais aussi que l’on peut chuter et se relever. Je veux apprendre la mesure et l’équilibre.
Aujourd’hui j’ai envie. Envie de me retourner sans considérer le passé avec amertume et regrets. Envie d’avancer, de constater que le chemin parcouru en un an est immense. J’ai envie d’un avenir heureux et simple. J’ai envie de bienveillance, envers moi-même et envers ceux que j’aime. J’ai envie de sourire, j’ai envie de vivre … libre.