Je me rends compte que plus j’avance en âge (houlala, gros coup de déprime), et plus les séjours en famille occasionnent des bouffées de nostalgie. A 20 ans on est insouciant, à 30, on devient raisonnable (normalement) … et à 40 on réalise le temps qui passe, on voit grandir les enfants, on profite de chaque instant, on voudrait retenir son souffle … peine perdue, impossible de freiner le temps.
Une image, une odeur … et l’on se retrouve comme par magie propulsé des années en arrière, dans le monde de l’enfance ou dans l’insouciance de l’adolescence.
Pendant ma semaine passée dans les Landes, j’ai ressenti cette émotion lors d’une balade en foret, en fin de journée sous une lumière légèrement blafarde, au milieu des pins et des tâches de bruyères. Ces images de la forêt Landaise me sont si familières. L’odeur des aiguilles de pins chauffées par le soleil de la journée, mes pas feutrés sur le mélange terre-sable et le chant des grillons ont fait le reste.
Et en quelques instants, je me suis retrouvée suspendue à des souvenirs d’enfance. Nos vacances en camping à Contis plage : l’emplacement de la caravane (toujours le même d’année en année), l’excitation de l’installation, les douches collectives (l’attente en fin d’après midi et les cubes de Tahiti-douche …), les débuts de l’indépendance dans ma canadienne bien sagement plantée à côté de la caravane familiale, les grandes tablées avec les amis de vacances, les concours de pétanque sponsorisé par les producteurs d’Armagnac (Mr Evin n’étais pas encore en activité), les sardinades ou les grillades au bord du courant du Ché … je me souviens de tout.
Les bals musette entrecoupés des tubes de l’époque dont le fameux « Rock collection » de Voulzy, la danse des canards et sa chorégraphie débile à grands renforts de déhanchements ridicules, trémoussage du popotin et battements de coudes énergiques résonnent encore à mes oreilles. Autant d’images furtives et heureuses qui traversent mon esprit et me submergent d’émotion.
Emotion d’autant plus forte que j’étais sur le chemin de retour de la maison de retraite où séjourne ma grand-mère ; rien de tel pour mesurer le temps qui passe. En discutant avec elle est ses amis, j’ai fait la connaissance d’un vieux monsieur, au regard encore rieur qui m’a raconté que dans ses jeunes années, il était résinier. Les résiniers (ou gemmeurs) effectuaient des saignées dans les pins afin d’en récolter la résine qui s’écoulait dans des pots en terre fixés aux troncs.
Je m’en rappelle également de ces pots de terre cuite, couleur terre délavée, leurs parois dégoulinantes de résine séchée et noircie par le soleil et la poussière. On ramassait ceux qui étaient abandonnés sur les chemins de sable et maman les garnissait de bruyère.
La forêt des Landes a, dans les années 1980, fait l’objet d’un pillage massif. Les sachets en plastique agrafés aux pins ont alors remplacés les petits pots de terre … jusqu’à ce que la pratique du gemmage ne s’éteigne définitivement avec le siècle passé, la résine étant remplacée par des produits pétrolifères …. Ah, nostalgie quand tu nous tiens.
Bon, sinon, ce WE fiesta au programme … encore de quoi me ramener quelques années en arrière !!!