Lundi dernier, à la faveur d’une semaine plus calme, j’ai retouvé le chemin qui mène à mon cinéma. temps pourri, le cinéma est à deux portes de chez moi, aucune excuse. J’hésite entre l’Herminione et l’attente, Luchini ou Binoche … je ne réfléchis pas, je choisis la seconde !
Nous sommes en Sicile, dans une immense villa. Anna, inconsolable, vient d’apprendre le décès de son fils Giuseppe. La maison est en deuil, des rideaux noirs sont posés sur tous les miroirs, l’ambiance est lugubre, pesante. Le téléphone sonne. C’est Jeanne, la petite amie de Guiseppe qui, en réponse à l’invitation de ce dernier annonce son arrivée. Anna ne lui avoue pas pas la mort de son fils. Jeanne arrive, elle lui explique qu’il s’est absenté quelques jours, et qu’il sera là pour la procession de Pâques … et c’est l’attente du moment où Anna dira la vérité à Jeanne.
Je suis arrivée 2 minutes en retard dans la salle et pendant tout le film, je me suis demandée si les premières minutes avaient été cruciales. Visiblement non, et « L’attente » c’est aussi (et surtout) celle du spectateur. Juliette Binoche (Anna) est impressionnante, toute en délicatesse dans la douleur, sans fard, en noir et dans le déni. Lou de Laâge (Jeanne) découverte dans « Jappeloup » est parfaite en jeune fille qui sens bien que l’atmosphère est tout sauf normale mais qui se laisse manipuler par cette belle mère qu’elle découvre (et qui la découvre).
Nous voilà parti pour un huis clos – sur la puissance du mensonge et de la croyance – que je ne caractériserai pas de long ni d’ennuyeux puisque la séance passe quand même vite (sans doute la mystère et la poésie des images m’ont aidé à tenir) mais j’ai attendu … en vain. J’ai attendu que ce film sophistiqué, follement esthétique démarre … j’ai attendu … mais rien n’est advenu !