Thierry et Elisabeth mènent une vie bien tranquille dans un quartier paisible. Ils ont peu voire pas d’amis, leur fils a quitté le nid familial pour travailler à l’étranger à la fin de ses études et les journées s’étirent entre travail et ennui. Un matin, le quartier est bouclé par le GIGN et la maison de leurs voisins cernée par des hommes cagoulés. Dans la foulée, ils apprennent que leur voisin est un tueur pédophile multirécidiviste.
Cet annonce fait l’effet d’une déflagration. Comment ont-il pu ne rien voir. Comment Thierry a t-il pu partager tant de moments avec Eric, cet ami, son seul ami, qui se révèle être un monstre ? C’est un cauchemar …
Enquête ou analyse des victimes collatérales ?
C’est vraiment très bien écrit, le style est enlevé et le rythme soutenu. J’avais adoré « Roissy » de la même auteure et elle confirme ici un talent et une écriture puissante. Comment peut-on se remettre quand on découvre une autre personnalité de ceux qu’on aime. Voilà le véritable sujet de ce livre, bien davantage que l’enquête policière elle même et c’est en ça que ce livre est brillant, servi par une écriture fiévreuse, rapide, nerveuse
Si vous avez aimé …
Étrangement ce livre m’a fait pensé à deux romans lus dernièrement. Non pas qu’il s’agisse de plagiat mais simplement une atmosphère un peu similaire. Tiffany Tavernier nous livre sa version des rapports de voisinage, et comme chez Julia Deck, ça ne donne pas toujours envie !
Et puis il y a cet inspecteur, pas follement sympathique, souvent maladroit mais pugnace qui m’a fait pensé au dernier roman de Yves Ravey mais vous découvrirez tout ça car ces 264 pages se dévorent !
La réussite de cette histoire réside davantage dans l’analyse psychologique d’une vie qui s’effondre, celle de Thierry, témoin involontaire, que dans l’enquête elle même. Thierry, n’est pas vraiment un looser, mais plutôt un anti-héros autocentré, un homme somme toute normal. Tiffany Tavernier brosse avec brio le portrait de cet homme taiseux, tourmenté, noyé dans un monde qui l’empêche de voir les autres qui, entre déni et culpabilité va passer de la sidération à la colère.