La Vélodyssée de Brest à Hendaye (ou presque) : le bilan

La Vélodyssée, c’est un itinéraire d’un peu plus de 1 200 km de pistes cyclables et petites voies partagées. C’est la partie française de l’Eurovélo 1 également dénommée « route du littoral Atlantique ». L’itinéraire complet, un peu plus de 8000 km, relie le Cap Nord en Norvège à Sagres au Portugal, un rêve pour moi puisque S. a déjà fait un tour d’Europe en solo de son côté !

Notre objectif était de faire tout le littoral Atlantique en une seule itinérance mais le parcours est modulable à envie !

L’itinéraire que nous avions prévu empruntait le canal de Brest à Nantes, puis longeait la Loire jusqu’à Saint-Brévin avant de rejoindre l’Océan Atlantique que nous avons suivi jusqu’à Bayonne. C’est presque arrivés à Hendaye que nous avons abandonnée la Vélodyssée pour rentrer en Béarn. Au final, nous avons traversé 10 départements : Finistère, Côtes-d’Armor, Morbihan, Ille et Vilaine, Loire-Atlantique, Vendée, Charente-Maritime, Gironde, Landes et Pyrénées Atlantiques, 3 régions et parcouru presque 1500 km en 20 jours de voyages !

La Bretagne à vélo

Pour nous tout a commencé à Brest que nous avons rejoint en avion. C’était vraiment très facile, et bien moins compliqué que de voyager en train.

Dès le début du voyage, la Bretagne nous a offert de merveilleux paysages mais on a aussi souffert. La région est vallonnée et les côtes vraiment raides … systématiquement suivies d’une sacrée descente. Entre le dénivelé et les conditions climatiques dantesques, les premiers jours ont été rudes.

Le Canal de Nantes à Brest, le vélo paisible

Dès que nous avons rejoint le canal de Nantes à Brest, tout est devenu bien plus simple ! Carhaix, Pontivy, Josselin, Malestroit, Redon, Blain … de villes médiévales en abbayes ou châteaux en passant par des forêts majestueuses, on en a pris plein les yeux. La piste le long du canal est en parfait état, les occasions de faire une pause ne manquent pas.  Chacun peut y aller à son rythme et pour nous, cette première semaine a été fabuleuse et c’est avec un petit pincement au cœur que nous avons quitté le canal de Nantes à Brest à Nort-sur-Erdre.

Nantes et un peu de l’Eurovélo 6, « La Loire à vélo »,

Nous avons passé une journée à Nantes et c’est bien peu, juste de quoi nous donner l’envie d’y revenir tant la ville nous a semblé belle et dynamique. De la cité Nantaise à Saint-Brévin, nous avons emprunté l’Eurovélo 6 et une partie de itinéraire « La Loire à vélo » jusqu’à l’estuaire, le pont de Saint-Nazaire en ligne de mire. Ici, tout est conçu pour le cycliste voyageur. Campings en bord de piste, ateliers vélos, gîtes … et les nombreuses familles que nous avons croisées ne s’y sont pas trompé.

A partir de Nantes, nous avons choisi tous les itinéraires bis, c’est à dire ceux qui longeaient vraiment la côte de Jade et on n’a jamais regretté. L’arrivée à la pointe Saint-Gildas était magique, même sous la pluie. Pornic est une cité balnéaire très prisée dont nous n’avons pas pu profiter tant il pleuvait mais la route de la corniche panoramique restera un des plus beaux paysages … mais en fait, on a  tout trouvé magnifique !!

Notre coup de coeur dut la Vélodyssée : la Vendée

Du Pays de Retz au Pays de Gois, de la côte de Jade à la côte de Lumière les paysages n’ont rien à voir avec la côte landaise. Abruptes, les côtes sombres se découpent telle de la dentelle et le contraste des couleurs entre l’océan vert pâle, le ciel gris, la roche noire, le sable rose est saisissant. On se serait crus en Irlande (sans doute à cause du mauvais temps) et aucune photo ne rend hommage aux étendues que nous avons traversées.

L’immersion à 100% dans le marais breton vendéen nous a ensuite surpris à coup de grandes lignes droites, la plus belle de toutes étant sans doute le passage du Gois pour rejoindre l’île de Noirmoutier. Nous pensions ensuite que ce serait les Landes que nous connaissions bien mais c’était oublier la Vendée, le département du vélo ! Tous est fait ici pour le cycliste. Pistes au revêtement impeccable, balisage au cordeau on a presque regretté de filer aussi vite : La Barre-de-Mont, Saint-Jean-de-Monts, Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Les Sables d’Olonnes … on est arrivés à La Rochelle sans même nous en rendre compte … enfin presque !!

La Vélodyssée de retour dans les Landes, tout droit vers le sud

« Presque » car l’étape entre Jard-sur-Mer et La-Rochelle, en plein marais poitevin fait de lignes droites sans fin, de paysages desséchés et le vent de face nous a laissé des traces. Du coup nous avons rejoint Royan en train (je sais c’est tricher) puis avons traversé l’estuaire de la Gironde, laissant derrière nous les derniers carrelets, ces jolies cabanes de pêcheurs qui nous accompagnaient depuis la sortie de Nantes, pour rejoindre la Pointe de Grave.

De Soulac au Cap-Ferret, de la dune du Pilat à Mimizan, de Contis à Hossegor la traversée des Landes s’est muée pour nous en un pèlerinage familial.  Nous avons enfin pu profiter un peu des plages de sable fin avant d’entamer la dernière ligne droite du voyage et de quitter la Vélodysée à Bayonne pour une ultime étape en direction du Béarn. La majeure partie de cet itinéraire se fait en pleine foret mais n’allez pas croire que c’est ennuyeux et plat … vous seriez surpris !

La Vélodyssée de Brest à Bayonne étape par étape

Jour 1 : La Bretagne à vélo, de Brest au Faou
Jour 2 : La Bretagne à vélo, du Faou à Châteauneuf-du Faou
Jour 3-4 : La Bretagne à vélo, de Châteauneuf-du Faou à Pontivy
Jour 5 : La Bretagne à vélo, de Pontivy à Malestroit
Jour 6-7 : La Bretagne à vélo, de Malestroit à Nantes
Jour 8-9 : La côte Atlantique à vélo, de Nantes au Pornic
Jour 10-11 : La côte Atlantique à vélo, du Pornic à Jard-sur-mer
Jour 12 à 19 : La côte Atlantique à vélo, de Jard-sur-mer à Bayonne
Jour 20 : de Bayonne à Moumour en Béarn

Ce qu’il faut savoir avant de partir en voyage à vélo sur la Vélodyssée – infos pratiques

Comment est la signalétique sur la Vélodyssée ?

La Vélodyssée en voie dédiée est très bien signalée. Dès que l’on quitte la piste cyclable ou quand on traverse les villes, il faut être très vigilant, le marquage est parfois simplement matérialisé au sol … voire pas du tout. En Bretagne, de Brest à Plougastel le balisage Véloroute n°5 est parfois aléatoire et on s’est perdu deux ou trois fois (et chaque écart compte double dans ce coin vallonné !). Dès qu’on longe le canal c’est plus facile, les bornes de pierre jonchent le tracé tous les kilomètres, impossible de se perdre ! Le Vendée est le département le mieux balisé, ça change un peu quand on arrive dans les Landes mais comme c’est tout droit, peu de risque de se perdre !

Est-ce que faire la Vélodyssée est facile ?

Faire un voyage au long cours ce n’est pas un exploit, je le répète. Le voyage à vélo c’est l’exemple même sur slow-travel, la vitesse moyenne est de 10 km/heure et si on tient compte des arrêts multiples c’est effectivement le cas.
Sur la Vélodyssée, la majeure partie de l’itinéraire est facile, surtout sur les chemins en bordure des canaux.  Le dénivelé est quasi nul, à la limite il y a quelques zones de faux-plat. Par contre, certaines parties en Bretagne sont plus exigeantes. Entre Plougastel et Port-Launay, les reliefs demandent quand même une bonne condition physique, surtout avec des vélos chargés. Même surprise dans les Landes, surtout à la sortie d’Arcachon, certaines portions affichent une pente de 10% et cela surprend et pour ceux qui iraient jusqu’à Hendaye, il est évident que le pays basque vous promet quelques grimpettes !
Le reste de l’itinéraire est vraiment accessible à tous. Au bord du canal de Nantes à Brest et en bord de Loire, nous avons croisé énormément de voyageurs à vélo en famille. Beaucoup moins en allant vers le sud et plus du tout dans les département des Landes !! Attention à la portion Boucau-Bayonne, en voie partagée sur une route à forte circulation, cela mériterait bien un coup de gueule car la piste s’arrête d’un coup propulsant le voyageur en bordure d’une route très fréquentée !

Quel budget pour la Vélodyssée ?

Pour nous, le budget tout, tout, tout compris a été de 1600 euros (pour 2 personnes) pour les trois semaines et on ne s’est privé de rien : un pique nique par jour, petit déjeuner à la tente ou en chambre d’hôtes et restaurant le soir (oui, ce sont nos vacances quand même). Si on ajoute le billet d’avion pour l’aller, on arrive à 2000 euros et j’ai tout noté, même le moindre café !!

Cela fait un budget moyen de 50 euros par jour et par personne, sachant que côté hébergement, plus on descend vers le sud et plus c’est cher ! Notre premier camping nous a couté 0€ (aire de camping-car du Faou), puis 8€, 10€ … et c’est monté à 35€, pour 2 vélos et une tente mais haute saison oblige et heure tardive on n’a pas fait les difficiles.
Il est aussi utile de préciser que cela été un peu faussé par les quelques nuits en hôtel ou chambre d’hôtes en raison d’une météo peu favorable au camping !

Où dormir sur la Vélodyssée ?

Les solutions d’hébergement sont multiples le long de la Vélodyssée. Campings, chambres d’hôtes ou gîtes sont mentionnés par des petits panneaux. Les hôtels avec accueil vélo sont également nombreux mais cela impose parfois de s’éloigner un peu du parcours.

Nous étions partis en totale autonomie avec une tente, un réchaud et un minimum de vaisselle (surtout pour le petit déjeuner). Nous ne planifions jamais à l’avance notre étape, estimant que cela revient à entraver notre liberté. Côté Bretagne, en arrivant au camping vers 18 heures nous n’avons jamais eu de souci, sauf au Pornic et à Nantes. En descendant vers le sud par contre, c’est plus problématique alors nous appelions vers 15 heures pour réserver une place et jamais cela ne nous a été refusé. Les campings municipaux sont les plus souples pour cela.

Dans les guides (voir ci-dessous) , les lieux d’hébergements référencés nous ont été bien utiles mais nous n’y avons eu recours que les jours de très mauvais temps (la tempête en Bretagne et à Arcachon après avoir pédalé 100 km sous la pluie).

Combien de temps pour rejoindre Brest à Hendaye?

20 jours car le but n’est pas de pédaler non stop. On a fait des étapes de 70 à 100 km/ jour avec des pauses plages, des écarts pour rendre visite aux amis ou à la famille et on a pris le temps de faire des visites et des centaines de photos ! Le midi, nous faisions une pause pique-nique et en général nous arrêtions de pédaler vers 18 heures (sauf jours de plage avec petites étapes ou jours de galère pour trouver un hébergement).

Quel vélo pour la Vélodyssée ?

Le vélo le mieux adapté c’est la randonneuse bien sûr ou le VTC. Inutile d’investir dans un vélo exceptionnel, le plus important c’est d’avoir un vélo sur lequel on se sent bien, correctement réglé. Côté équipement indispensable : des sacoches étanches, un éclairage et une bonne selle. Le top-case à l’avant est très pratique pour ranger ce qui nous est utile en permanence (portefeuille, téléphone, guide …).
Le Vélo à assistance électrique sera très bien pour les familles avec remorques où pour les moins sportifs mais n’est pas du tout adapté au voyage tel que nous l’entendons. Une batterie à recharger cela se prévoit et ce d’autant plus que la charge dure des heures, chacun son concept du voyage à vélo mais il faut y penser.

La sécurité sur la Vélodyssée ?

Plus de 80% du tracé est en voie dédiée donc pas de souci de ce côté là. Par contre, à l’approche des stations balnéaires, en plein été la fréquentation des pistes est très dense. Il y a énormément d’enfants, des piétons, des coureurs, des cyclistes de route pressés (ce sont les pires !!). On croise aussi ceux qui ne font du vélo que pendant les vacances et bafouent les règles élémentaires du code de la route et il faut être très vigilant sur ces portions ! A contrario, en Bretagne, nous avons pédalé des kilomètres sans croiser âme qui vive !!
Ne pas oublier le gilet jaune (on le pose sur le paquetage arrière) pour être visible, le casque se fait vite oublier et ne tient pas si chaud alors inutile de prendre des risques. La lumière est indispensable, on n’a parfois besoin de bouger le soir ou le matin de bonne heure.

A quelle époque partir sur la Vélodyssée ?

Même en été le beau temps n’est jamais garanti, nous en avons fait l’expérience.  La période idéale reste à mon sens entre mai et octobre, surtout si l’on doit camper !

La vélodyssée avec quel guide ?

Les guides Chamina éditions sont les mieux faits. Difficile d’être 100% à jour niveau hébergement mais pour localiser campings, chambres d’hôtes ou hôtels avec accueil vélo, ce guide est parfait. Le guide est particulièrement utile en ville pour le détail des itinéraire. Pour ce périple, nous en avions deux, La Bretagne à Vélo et La côte Atlantique à Vélo.

N’hésitez pas à poser vos questions, j’y répondrai avec plaisir !!

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