Vous vous en souvenez ?
9 ans plus tard, nous sommes bien loin du « réseau des familles et des copains ».
Instagram, Un peu d’histoire
L’application créée en 2010 était à usage exclusif des possesseurs d’un IPhone et très rapidement le nombre d’utilisateurs a explosé. Le service IG devient vite le repaire de célébrités puis ce sont les entreprises qui y voient un efficace moyen de promotion de leur activité.
En 2012, l’application est ouverte aux Androids puis rachetée par Mark Zuckerberg. La plateforme Facebook évolue et s’inspire d’Instagram pour intégrer des fonctionnalités similaires dans son réseau social. A cette époque, Instagram n’intégrait pas encore la fonction de « Storie », c’est n’est venu qu’en 2013 et aujourd’hui le réseau a pratiquement pulvérisé Snapchat.
Puis nous entrons dans l’ère des influenceurs et de leurs communautés. Le nombre de vidéos explose et avec elles les codes promo à gogo. Instagram est devenu le royaume des influenceurs, des annonceurs et des marques.
En 2016, c’est la naissance d’IGTV qui permet de stocker des vidéos d’une durée plus longue (1 heure maximum si tu as le statut de « créateur », 10 minutes pour tous les autres usagers). le nombre d’utilisateurs mensuels frôle le milliard.
Aujourd’hui, si tu ne veux pas que l’algorithme t’oublie et que les « amis » voient le flux de tes publications, tu as plutôt intérêt à être actif en story. On ne contente plus de consommer du contenu, on en crée tous et Instagram est devenu la plus grade plateforme d’expression des jeunes (et des moins jeunes 😉 !)
Le confinement et Instagram
Pendant les semaines de confinement, le temps d’audience et le temps passé par chacun sur le réseau a explosé, créant même des frustrations pour ceux qui travaillaient (et surtout pour ceux qui bossaient encore plus que d’habitude).
Les « Lives » ont explosé, tant en matière de production que de consommation. Influenceurs et créateurs ont investi davantage de temps en préparation et le « consommateur » en temps d’écoute. Les premiers donnaient de leur personne pour divertir leur communauté en cette période anxiogène et les autres étaient ravis de se détendre faute de pouvoir le faire physiquement avec leurs proches. C’était aussi un excellent moyen d’engager les gens à rester chez eux #ensembleàlamaison #restezchezvous, jusque là rien à dire !
J’ai donc fait du sport, médité, écouté des pseudo-conférence sur des thèmes divers alors que d’autres enchainaient les rendez-vous artistiques, DIY, musicaux, e-learning, culinaires … que sais-je encore. On a pu poser des questions pour inspirer tout ce petit monde (en quelques caractères, il ne faut pas être trop bavard), avoir des réponses (ou pas) et finalement c’était intéressant toutes ces interactions et puis le live apporte quand même une certaine forme de naturel et d’authenticité et ça aussi c’était chouette !
Le rythme des publications était intense pour certains et leur régularité louable. Tous les soirs j’attendais ma séance de méditation ou mon live de sport comme j’aurais pu me brancher sur ma station de radio favorite à une heure bien précise, ces rendez-vous cadraient mes journées de télétravail (et même mes week-ends) et ça m’allait plutôt bien.
Je constate quand même aujourd’hui que mon nombre d’abonnement a explosé et le temps passé sur mon smartphone proportionnellement, grignotant par la même de mon temps de lecture chaque soir car je ne voulais pas perdre une miette de tout ce qui était mis à disposition. La cadence était devenue infernale pour moi aussi, on parle bien d’addiction là … mais je me soigne !
Le déconfinement et Instagram
Avril a passé et début mai la perspective du déconfinement, même progressif s’est profilée. La prise de parole des influenceurs et autres business-instagrammeur a commencé à évoluer.
J’ai reçu de plus en plus de messages ciblés (et pas trop mal ciblés d’ailleurs) avec des techniques de ventes bien rodées : tunnels de vente, webinaires, autopublicité, masterclass, ateliers … et j’en passe ! C’est presque toujours le même schéma : tu viens chercher ton cadeau (le live gratuit, un ebook, 7 jours d’astuces, … ) et ensuite j’essaie de te vendre mon produit à grand renfort de posts, mails et autres relances. Par contre, il faut que tu te décides vite. Vite car cette semaine c’est à moins 20, 30 voire 50% et puis vraiment très vite car aujourd’hui il n’y a déjà presque plus de place … injonction à l’achat d’urgence sous peine de laisser passer la chance de ta vie !
Rien de bien nouveau dans tout cela, ce sont des bonnes vieilles ficelles mise au goût du jour et je peux comprendre que pour certains c’est leur travail mais pour d’autres j’ai frôlé l’écoeurement. La philanthropie a ses limites je le conçois et le fait de dispenser cours de yoga, de danse ou de fitness via une application payante en utilisant des plateformes sélectives était une façon de compenser l’interdiction de cours en salle, là encore, rien de trop anormal (si ce n’est parfois les tarifs).
Là où ça me dérange c’est quand ces demandes, via des posts doublés de stories à répétition viennent de personnes qui des semaines durant ont prôné un monde meilleur, un monde axé sur la solidarité, le partage ou l’échange, le monde de demain que nous bâtirions tous ensemble pour consommer moins et mieux … mais vendre des ateliers en ligne avec une promesse de succès ou d’enrichissement (voire les deux soyons fous) à un montant à trois chiffres, je trouve cela franchement scandaleux !
Instagram est en train de devenir un immense marché en ligne. En France ce sont quelques 30 millions de visiteurs uniques par mois et plus de 10 millions par jour … pas mal pour une application initialement destinée au partage des photos mais pour moi, on est surtout en train d’ouvrir la boîte de Pandore.
Que les choses soient bien claires, je suis bien consciente qu’il faut vivre avec son temps, que le business se fait maintenant en ligne, que c’est un moyen de vente comme un autre voire plus ludique (mais c’est bien là que le bât blesse, consommer n’est pas un jeu) mais il n’empêche qu’avec tant d’opportunisme, on frôle l’overdose et que parfois cela vire au racket.
C’était mon coup de gueule du jour !