Bon ça y est, cela fait déjà quelques semaines que nous sommes rentrés et je suis passée maître dans l’art de la procrastination en ce qui concerne les billets vacances. Je dois donc m’y coller pour Brest-Nantes-Bayonne à vélo, puis le tour de l’île d’Oléron (toujours à vélo), puis le roadtrip en Suisse et enfin de Royan à Sète (encore à vélo) … deux ans de retard !!
Du coup, je ne sais pas trop par où commencer. J’ai découvert le voyage à vélo en longeant le canal des deux mers puis celui du midi pour relier l’Atlantique à la Méditerranée et j’ai adoré ça, c’était il y a deux ans et limite j’ai trouvé le périple trop court (777 km en 9 jours) alors cette année, on a récidivé pour 3 semaines et en autonomie complète.
Un vélo de voyage en soute, c’est possible et facile !
C’est la durée des vacances et la façon de nous acheminer au point de départ qui a déterminé notre périple. Un peu échaudés par le transport en train avec un vélo, nous avions décidé de tester l’avion avec un vol direct Pau-Brest. Un peu stressant au début cela s’est révélé vraiment très facile, guère plus cher que le train et infiniment plus rapide … seul bémol l’empreinte écologique mais on s’est largement rattrapé sur le chemin du retour !
Une semaine avant le départ, nous vélos étaient démontés (roue avant, pédales et guidon) et sagement emballés dans des cartons dont les dimensions nous avaient été imposées par Air France (175x86x20 cm). Pour avoir discuté avec le personnel en charge de l’embarquement il se révèle que LA côte à ne pas dépasser est la hauteur, soit 86cm et nos cartons ont été soigneusement toisés avant de filer sur le tapis roulant.
Nos sacoches ont voyagé en soutes et nous avons récupéré le tout à Brest sans aucune difficulté. C’est installés (un peu comme des clochards) devant l’aéroport que nous avons remonté chacun notre vélo avant de répartir correctement nos affaires dans les différentes sacoches, de débiter les cartons pour les glisser derrière une poubelle (no comment 😉) et hop, un peu moins de deux heures plus tard nous étions en route vers Brest. Première halte indispensable quitte à faire un petit détour : trouver une station de gonflage pour les pneus car les mini-pompes c’est parfait en dépannage mais il ne faut pas en attendre davantage.
Nous nous sommes perdus dans la ville car il y a des pistes cyclables partout. Même si le fléchage laisse un peu à désirer pour arriver au centre ville, c’est un bonheur que de rouler en sécurité pratiquement depuis l’aéroport jusqu’à la rade. Pour cette première nuit, ne sachant pas le temps qu’il nous faudrait pour rejoindre la ville depuis l’aéroport, nous avions réservé un hôtel sur Brest (avec accueil vélo) afin de profiter tranquillement de la soirée et c’est ce que nous avons fait.
Brest, cité du Ponant, ville surprenante !
Brest que nous avons visité le dimanche matin est une ville étrange, surtout pour nous qui venons du sud, région épargnée en partie par la guerre alors cette ville reconstruite à la hâte avec un quadrillage à l’américaine avait tout pour nous surprendre. Le haut de la ville résolument moderne, la basse ville historique, le château, un port immense, des grues un peu partout … ce mélange est surprenant mais très vite on ne fait plus attention aux grues qui se fondent dans le décor.
Ce qui est plaisant quand on voyage à vélo c’est qu’on se fait régulièrement accoster par des locaux qui s’interrogent sur notre périple et sont toujours prêts à nous parler un peu d’eux, de leur région ou bien à nous livrer quelques anecdotes ! Grâce à une de ces rencontres, nous avons eu des explications sur la configuration de Brest avec ses deux villes « militaire » et « le reste », sur les évolutions de la ville, l’état d’esprit et surtout quelques incontournables à visiter.
Nous apprenons donc que nous sommes à Recouvrance et que le quartier est en plein renouveau. Le château, le jardin des explorateurs, le port … on ne pourra pas tout visiter alors notre objectif de ce matin sera les Ateliers des Capucins, anciennement propriété de l’Arsenal au cœur d’un nouvel éco-quartier que nous pourrions comparer à celui de Bordeaux rive droite.
Nous avons adoré ces halls immenses dans lesquels des machines ont été maintenues, la médiathèque tout aussi gigantesque, les boutiques, le téléphérique urbain … toute cette zone est encore en devenir mais je crois que nous aurions pu y passer la journée mais on n’avait pas non plus que ça à faire alors peu avant midi, nous voilà en route, direction Plougastel.
De Brest au Faou via la littorale, c’est parti !
La piste cyclable longe un peu la zone portuaire avant de s’enfoncer vers les terres et très vite nous comprenons que ça ne va pas être plat mais alors pas du tout mais c’est tellement joli que nous avalons les côtes assez facilement ! Il fait bien chaud quand nous arrivons au pays de la fraise et la pause dans le petit jardin au pied du musée est bienvenue. Un brunch bio plus tard, nous voilà lestés et prêts à repartir.
Nous avons eu un mal fou à retrouver le tracé « vélo » à la sortie de Plougastel, et sachez qu’en Bretagne, la moindre descente est suivie d’une montée et ça grimpe sévère par là-bas ! Côté kilomètres, nous avons pratiquement doublé la mise rapport à nos prévisions mais c’était si beau qu’aucun de nos détours ne nous a pesé. Nous ne planifions jamais nos étapes alors c’est au Faou, jolie petite ville médiévale que nous nous arrêtons pour notre première soirée. Le camping municipal qui est en fait une aire de camping-car s’est révélé un endroit parfait, à peu près propre, très calme et la vue … on en parle de la vue :
Je vous passe ma crise d’angoisse en pleine nuit, comme si je m’étouffais dans cette petite tente qui allait nous servir de toit pendant 3 semaines, pensée qui n’a pas eu d’autre effet que de multiplier mon angoisse mais finalement, les efforts de la journée et la fatigue ont eu raison de ma claustrophobie !
C’est étrange comme j’avais oublié tous les détails de cette première étape et surtout comme j’avais perdu la notion du temps et perdu de vue que dès le premier jour nous avions vu autant de paysages variés. C’est aussi ça le voyage à vélo, un rapport au temps totalement différent, comme si les heures devenaient des jours …
A suivre …