Magistrale leçon !
Etes vous de ceux qui dévorent tous les livres d’un même auteur dans la foulée ?
De l’avantage d’accumuler des livres et de les oublier, après avoir lu « La fille qu’on appelle », j’ai ressorti une autre pépite de Tanguy Viel !
Article 353 du code pénal c’est la longue confession d’un ouvrier breton qui après avoir été floué par un promoteur véreux a commis l’irréparable. Martial Kermeur est arrêté après que l’on a repêché le corps sans vie du promoteur immobilier Antoine Lazenec. Ce beau parleur a débarqué sur la rade de Brest promettant au maire et aux habitants de faire la petite ville en proie au déclin industriel une station balnéaire de luxe, le St-Tropez de la Bretagne.
Un huis clos aux faux-airs de Simenon
Dans ce huis-clos fascinant, Martial raconte au juge comment il a cru en toutes ces belles paroles, au point de tout perdre, y-compris son fils.
Tanguy Viel continue ce qu’il avait entamé avec « L’absolue perfection du crime », bienvenue au pays des gens honnêtes, un peu naïfs et facilement manipulables. Encore une histoire d’emprise, encore une histoire de déterminisme social … et encore une sacré claque !
Martial Kermeur est l’unique narrateur de ce monologue puissant parsemé de quelques interrogations. Cet homme sans histoires, las d’une vie difficile, s’emploie à tenter d’expliquer, voire de comprendre lui même, l’enchaînement diabolique qui l’a inéluctablement mené à se débarrasser d’Antoine Lazenec. Le lecteur devient le témoin impuissant de cette spirale infernale et injuste avec une question en filigrane « qui est le véritable responsable ? »
La construction est remarquable … et la fin jubilatoire ! Du grand art !
