Alaska, jour de tempête. Le blizzard fait rage. Le jeune Thomas disparaît, en quelques secondes, le temps pour Bess de refaire ses lacets … Elle se lance à sa recherche, suivie par trois proches, tous habitants ces confins du monde.
Un gros succès pour un premier roman
Ce livre j’ai beaucoup attendu avant de le lire. Très tentée après avoir écouté Marie Vingtras dans LGL, le livre n’étais pas dispo (l’exemplaire unique) dans la librairie du fond de ma campagne. entre temps, il a fait l‘objet d’un tel buzz qu’au lieu de m’encourager cela m’a inquiété et puis finalement, il m’a été offert début décembre.
Faisons court, j’ai adoré ce roman choral dans lequel quatre protagonistes expliquent à tour de rôle pourquoi on ne retrouvera pas cet enfant disparu … et sur la vie au fin fond de l’Alaska.
Pourquoi Bess a-t’elle troqué la chaleur du soleil californien pour le blanc de l’Alaska ? Comment Freeman, ancien militaire, noir de surcroît récemment arrivé ici a-t’il survécu à son premier hiver sur ces terres hostiles ? Pourquoi Cole, vieil homme, rustre, vulgaire et aguerri accepte-t’il d’accompagner Benedict à la recherche de la jolie rousse et du jeune garçon alors qu’il sait qu’en pleine tempête ce n’est que folie ?
Une histoire glaçante mais pas que …
A coup de petits indices disséminés dans les monologues de ces êtres malmenés par la vie et rongés par la culpabilité, les pièces du puzzle s’assemblent. Tous ont une bonne raison de fuir. Petit à petit, le parcours de chacun s’éclaire révélant la convergence de leurs destins.
Remarquablement construit et rythmé, ce livre vous emporte avec la légèreté des flocons et le mordant froid glacial, c’est noir et lumineux.
Marie Vingtras parvient en peu de page à dresser des portraits qui gagnent en profondeur au fil des pages un bon roman, court, parvenant en peu de pages à décortiquer de nombreux sentiments humains avec une fin réussie
C’est court (un peu trop peut-être) cela se lit vite (trop c’est sûr), c’est bien écrit, fluide …« Blizzard » fait en effet partie des incontournables de la rentrée littéraire automne 2021 mais il est encore temps de le lire !
Extraits:
« Quand il a compris que la tempête se calmait, Benedict a voulu retourner à la maison prendre sa motoneige. Je lui ai dit que c’était aussi stupide que de les chercher à pied puisqu’on n’était même pas sûrs que le vent ne se remettrait pas à souffler aussi fort qu’avant et que tout ce qu’il y gagnerait ce serait de flanquer sa machine dans un fossé. Autant essayer de faire entendre raison à un âne. C’est pas qu’il soit stupide, loin de là, mais il m’avait tout l’air d’avoir perdu le sens des réalités ».