Ce qui occupe mes pensées depuis des semaines maintenant, voire des mois, c’est ma reconversion professionnelle. Encore !!
Reconversion est un bien grand mot. En effet, cela peut se faire en quittant une d’entreprise, en modifiant radicalement son statut, en changeant de métier dans la même entreprise … ou il peut simplement s’agir d’une réorientation de carrière. Dans tous les cas, la remise en question est importante et c’est un sujet que je connais bien. Je pourrais même écrire : j’ai testé pour vous 😉 !
Tout commence à l’école, le syndrome du « bon élève »
Du primaire au lycée, je crois avoir toujours été ce qu’on appelle « une bonne élève ». En primaire j’ai sauté le cours préparatoire puis j’ai avalé toutes les années avec le statut de « première de la classe ». Avec deux parents dans l’enseignement, j’avais de toute façon plutôt intérêt à filer droit.
Au collège les professeurs me trouvaient intelligente et vive d’esprit, j’avais un statut de chouchou, je finissais chaque trimestre dans le tiercé gagnant et mes parents étaient fiers.
Au lycée, l’affaire a commencé à se compliquer un peu : l’adolescence (oui, j’ai été ado au lycée c’était comme ça il y a 30 ans), l’envie de me fondre dans la masse (un père Proviseur, une mère secrétaire dans le même établissement ça vous pose un élève) et de me débarrasser de ce statut de « fayot » qui me collait à la peau depuis des années, mes résultats n’étaient plus excellents mais ça continuait de rouler … enfin presque.
Quand il s’agit de se poser des questions
Au lycée, j’ai connu mon premier stress : que vais-je faire plus tard ? une année à l’étranger ? (j‘étais mineure, c’était impensable pour mes parents), une prépa ? (j’avais basculé du côté des élèves trop moyens), une fac ? (j’étais bien trop scolaire pour gérer cette bouffée de liberté) !
Depuis des années, tout roulait tout seul et je n’avais jamais été confrontée à un choix. Une fois encore ce sont mes parents qui ont décidé pour moi. C’était le grand boum de l’informatique alors fini les interrogations, « tu seras informaticienne ma fille ».
Ce n’était pas un si mauvais choix. J’ai trouvé du travail dès ma sortie d’école et j’ai eu la chance de travailler sur des projets fantastiques pendant plus de 10 ans.
Se réinventer dans la même entreprise
Au bout de 15 ans, le fantastique a basculé du côté de la routine et moi, la routine ça m’ennuie. Sans changer d’entreprise, j’ai saisi l’opportunité d’un nouveau projet et d’un métier un peu différent. Mais voilà, j’en voulais toujours plus. Entre des semaines à 50 heures, une équipe pas simple à manager et un changement de direction, je suis passée à deux doigts du burn-out et j’ai tout plaqué pour un projet de vie.
Abandonner le statut de salarié
A quarante ans, je quittais un poste de cadre et on ouvrait un restaurant ! C’était un projet de vie : création, financement, lancement … c’était grisant ! Etre son propre patron c’est avoir la liberté mais j’ai rapidement saisi que cela avait un prix. J’avais déjà écrit un article sur ce sujet. Très vite, intellectuellement je me suis ennuyée. Avoir un commerce c’est difficile et avoir un restaurant, c’est signer pour ne plus avoir de vie. J’ai commencé à avoir des regrets et à me sentir prisonnière de la vie que JE m’étais choisie, en arrivant même à regretter ma démission six ans plus tôt ! Fin 2016, fin brutale de l’aventure. Une fin que jamais je n’aurais voulue ainsi mais un coup du sort qui m’a imposée de rebondir au plus vite alors j’ai pris le premier boulot qui se présentait.
Salarié ou entrepreneur, deux mondes que tout oppose
Etre salarié après un coup dur, c’est rassurant. Une expérience en tant que commerciale m’a permis de rebondir. Ce travail a contribué à me reconstruire mais cette expérience m’a surtout appris que je n’étais pas une commerciale dans l’âme.
Les projets informatiques me manquaient et courant 2018, je saisis une opportunité de revenir dans l’univers des Systèmes d’Information. Je m’enthousiasme un peu trop vite !! Après avoir travaillé pour une entreprise internationale, avoir été à mon compte, je découvre le monde de la TPE. La désorganisation me pèse. Les relations humaines me manquent. Le fond du travail est intéressant mais la forme est détestable alors je m’accroche. Je souffre mais je tiens … jusqu’au confinement.
Tout plaquer à 50 ans passés
Au déconfinement, je plaque tout (encore) sans filet cette fois-ci. Certes j’ai droit au chômage mais c’est une misère. Je me dis qu’ayant déjà été à mon compte, je peux recommencer et je me lance dans une formation de Marketing Digital. Libérée d’un environnement de travail qui ne me ressemblait plus, je bûche en ligne huit heures par jour. Je suis curieuse de tout : je lis, j’écoute des témoignages, je fouille, je bidouille. C’est parfois laborieux, il y a des soirs où je lâche l’affaire parce qu’à 23 heures le Wifi se coupe. Je suis comme ça, je veux TOUT maîtriser et comprendre. Cette formation me passionne autant que l’idée de me lancer m’effraie, c’est vertigineux ! Ce n’est jamais simple de sortir de sa zone de confort mais pour la première fois de ma vie j’ai l’impression de donner un sens à ce que je fais.
J’avance sereinement sur la formation. Mon mentor me recadre, m’aide à cibler un projet, me stimule … ça roule mais je continue quand même à prospecter. Un peu. Je n’ai plus la même pression, LE job qui correspond à mes aspirations sans bafouer mes valeurs essentielles existe peut-être sinon je vais me le créer.
Quand tout s’aligne
Je sens bien que mes proches sont inquiets, me pensent vulnérable, voire inconsciente de me lancer dans un nouveau défi qui fait que je vais redevenir un “junior” mais je m’accroche. L’heure des vacances (prévues il y a des mois) sonne mais ça tombe mal. Je vais devoir interrompre ma formation et voilà que tombe une offre d’emploi, quatre jours avant notre départ, LA mission de mes rêves !!
Etrangement, le coaching qui va avec la formation, sensé m’aider dans ma transition vers l’entreprenariat (et pas à repartir vers le salariat) m’a insufflé une forme de confiance qui m’avait abandonnée depuis plus de dix ans. Avec mon mentor, nous avons abordé ce qui faisait mes forces. Le bonus des plus de 50 ans, c’est que faute de avoir ce que l’on veut, on sait ce que l’on ne veut plus. Me concernant, la phase d’introspection dure depuis des mois et j’ai très radicalement clarifié mes motivations !
Je travaille mon CV comme un orfèvre et je postule. A la fois sans trop y croire et en même temps persuadée que je suis la candidate idéale, ce que j’écris d’ailleurs dans le courrier d’accompagnement. Bingo, mon CV est retenu. J’enchaîne les entretiens que je prépare vraiment beaucoup (durant notre road trip, Monsieur visite, je travaille). Plus j’avance dans le parcours de sélection et plus je veux ce job. Cette mission, j’en étudie toutes les coutures, elle coche toutes les cases ! Ça nous gâche un peu les vacances mais au retour, c’est la dernière ligne droite. A peine le temps de défaire les valises : entretien en présenciel le lundi !
En route pour une nouvelle aventure
Une semaine plus tard, j’ai décroché le job !!
Si cela n’avait pas été le cas, je sais que le chemin parcouru était plus important que la destination finale, ne pas l’avoir aurait été mon destin. Depuis, je suis sur un nuage, prête pour cette nouvelle aventure professionnelle. Faute d’être entrepreneure, je serai « intrapreneure ». Ce sera ma troisième reconversion, une toute les décennies à peu près, je tiens le rythme !!
Une thérapie, ma famille, des amis toujours présents et motivants, je suis prête. Je balaye toutes les peurs et les inquiétudes qui se présentent à moi, je sais aujourd’hui que rien n’est insurmontable (même pas un nouveau déménagement) !
Il n’y a pas de limite d’âge pour croire en soi
Depuis toute petite, pleine de curiosité, je me suis toujours enthousiasmée (voire emballée) pour des tas de choses. Paradoxalement, dans le même temps, j’étais pétrie d’idéalismes bloquants. J’ai toujours eu l’impression que les autres faisaient mieux, étaient plus inspirants, plus intelligents et avaient un parcours à leur hauteur. Chaque fois que je jette un regard sur le mien, je me dis que j’ai été timorée, que je n’ai rien osé, que je me suis laissée dicter mes choix … mais sur ce coup là, je crois que je me trompe un peu !
Rendez-vous dans quelques semaines pour un retour d’expérience et merci d’avoir lu jusqu’au bout ce post un peu plus personnel. Je suis bien curieuse d’avoir vos retours (ou ceux de personnes que vous connaissez qui sont passé par cette expérience) alors n’hésitez pas à partager ce post.