Je vous emmène aujourd’hui en Normandie. Direction les falaises d’Etretat, un lieu mythique, reconnaissable entre mille qui me faisait rêver depuis des années. Nous y avons passé tout un week-end. Depuis le fin fond de notre Sud-Ouest, ce n’étais évidemment pas la destination le temps d’un WE mais le point de départ de notre road-trip sur les côtes Normandes et Bretonnes.
Etretat, site naturel exceptionnel
La renommée internationale de la petite ville normande n’est pas usurpée. Le site est à couper le souffle et malgré une date avancée dans la saison (fin août) il y avait encore énormément de monde !
Dès le premier soir la beauté des falaises crayeuses nous a époustouflés. Sculptées par le temps, les tempêtes et une rivière souterraine, elles sont majestueuses. Le bruit de nos pas sur les petits galets polis par le ressac au coucher du soleil restera longtemps gravé dans nos mémoires.
Randonnée de la falaise d’Aval au Cap d’Antifer
Le lendemain, le soleil nous avait hélas abandonnés. Peu importe, c’était le temps idéal pour enfiler nos chaussures de marche. Direction La Poterie-Cap-d’Antifer en suivant le sentier des douaniers. Les falaises s’étendent sur une centaine de kilomètres mais nous n’en avons parcouru qu’une infime partie.

Certaines culminent à 105 mètres. Certes, l’accès nécessite donc quelques efforts mais la récompense est assurée. Au sommet de la falaise Aval la vue sur l’arche et l’aiguille est à couper le souffle. Revers de la médaille : les premiers points de vue sont pris d’assaut. Je n’ose même pas imaginer la fréquentation par beau temps et en peine saison !!
Ce que j’appelle l’arche est en fait la « porte d’Amont » que Guy de Maupassant avait décrite comme un éléphant trempant sa pointe dans l’eau. L’aiguille creuse se tien en embuscade, immortalisée par le roman éponyme de Maurice Leblanc. A ce sujet, la demeure de l’écrivain en plein village a été transformée en un musée scénographique. Le Clos Lupin, en référence au célèbre gentleman cambrioleur, Arsène Lupin. Le lieu est très prisé des visiteurs mais nous avions des envies de plein air alors je ne pourrais pas vous en parler !
Heureusement, dès que nous nous sommes éloignés d’Etretat, la fréquentation était moindre. Les touristes sont nombreux, les randonneurs beaucoup moins !

La balade sur le chemin GR21 longe le magnifique golf . De montées en descentes les kilomètres se sont enchainés. Nous avons croisé des ânes (éco-pastoralisme), des chevaux (la police montée) et des plages sauvages si tant est qu’on se donne la peine d’y descendre. Tout était si beau … Nous avons rebroussé chemin au phare d’Antifer, toujours en activité pour faciliter l’accès au port pétrolier du Havre.

Etretat vu des falaises
Au pied de la falaise, à marée basse on distingue les traces d’anciens parcs à huîtres datant du XVIIIème siècle. Sur la gauche, on devine également le « trou à l’homme » mais l’accès en est strictement interdit. Traverser la falaise par un tunnel est bien tentant … Pour la petite histoire, le lendemain, il a fallu secourir des aventuriers imprudents piégés par la marée !

Le village est tout en contraste. Des petites maisons aux manoirs en passant par des villas cossues, tout cet habitat semble blotti à flanc de falaises. Simple village de pêcheurs à l’origine, à la fin du XiXème siècle, Etretat devient une station huppée. Aujourd’hui, le tourisme y est devenu très populaire.

Randonner à Etretat, de la falaise d’Amont à Bénouville
Le surlendemain, le temps était encore moins clément que la veille. Sous un ciel maussade et poussés par le vent, c’est de l’autre côté (direction Fécamp) que nous sommes partis randonner.
Accessible par un escalier et une bonne centaine de marches, la falaise d’Amont héberge à son sommet une petite chapelle. Notre-Dame-de-la-Garde côtoie une flèche pointée vers le ciel. Le monument a été érigé en hommage aux aviateurs Charles Nungesser et François Coli. Ces héros de la première guerre mondiale avaient tenté la traversée de l’Atlantique à bord de « L’oiseau blanc ». Des habitants de la commune ont aperçu une dernière fois l’avion avant qu’il ne s’abîme en mer. Il n’a jamais été retrouvé … et je suis fan de ces mystères !!

En longeant les falaises, nous nous sommes émerveillés des changements de couleur au gré des nuages et des percées du soleil. La côte d’Albâtre se décline en des nuances de bleus et de gris. Rien d’étonnant à ce qu’elle ait inspiré tant de peintres et d’écrivains. Le spectre des teintes est ici infini. L’écume des vagues ponctuant ce tableau de notes de blanc, c’est magnifique.

Sans presque nous en rendre compte, nous avons rejoint Bénouville. La Manche à main gauche et champs de lins ou pâturages à main droite. C’est toujours le GR21 qui longe le littoral en direction de Fécamp et de Dieppe que l’on devine au loin.

Le petit hameau de Bénouville n’est pas dénué de charme. Avis aux amateurs de calme, ici vaches et chevaux semblent plus nombreux que les habitants !!

… et en ville on fait quoi ?
Je vous ai assez peu parlé de la ville qui est pourtant charmante avec ses maisons à colombages, l’église ou bien encore le marché couvert. Le bâtiment est magnifique. Il a été construit en 1926 et avec son petit clocher et des poutres en bois sculpté on le croirait vieux de plusieurs siècles. Il est hélas rempli de boutiques à touristes achalandées de produits importés d’Asie : misère !!

A voir également, les jardins d’Etretat, dans l’ancienne propriété d’une actrice célèbre au début du XXème siècle. Avec une vue imprenable sur la ville et la falaise Aval, ce jardin a tout d’un lieu enchanteur mais nous sommes rentrés trop tard de nos randonnées pour pouvoir profiter de ce jardin féérique mixant art contemporain et art paysager.
Où dormir avec un Van à Etretat ?
A Etretat, le stationnement des van et camping-car est très réglementé. Il y a des parkings de jour et aucun coin sauvage autorisé près de la ville alors nous avons posé Elvis (notre van aménagé) au camping municipal. A un peu plus d’un kilomètre du centre ville, de taille réduite, il est très calme. Les emplacements sont spacieux et arborés. Ce camping est particulièrement bien géré et je ne sais pas si c’est usuel ou l’effet COVID mais les sanitaires étaient comme l’accueil : impeccables.
Tarif : 13,05 par nuit pour 2 personnes.

On a évité les restaurants mais je vous recommande deux boutiques découvertes au gré de nos flâneries dans les petites rues :
- un pâtissier chocolatier qui fait des merveilles, les Chocolats Hautot !!
- Et une boutique La mer à boire dans laquelle on a trouvé quelques produits locaux, surtout des cidres et des biscuits. On y a aussi découvert le pommeau, un mélange de cidre et de calvados si j’ai bonne mémoire !
Voilà pour notre premier week-end en Normandie. Nous étions partis tout la haut, remplis d’espoir, confiants en les flots … pour faire du paddle (clin d’œil à la chanson l’oiseau blanc). Vraiment cela n’aurait pas été raisonnable. La Manche n’était pas déchainée (spectacle que nous aurions bien aimé voir d’ailleurs) mais vraiment très houleuse. Pas la moindre embarcation n’est sortie à l’eau ce week-end là …