De Brest à Hendaye (ou presque) en voyage à vélo #8

La Vendée à vélo

Voilà l’avant dernière partie de notre itinérance à vélo, périple qui nous aura conduit de Brest à Bayonne par la Vélodyssée.

Lors de notre étape précédente, nous étions arrivés en Vendée et nous sommes partis ce matin de Jard-sur-mer sous un temps gris, après avoir essuyé deux gros orages cette nuit (oui encore 😉 !). Le temps d’une pause à la boutique « La perle des dieux » pour faire le plein de boîtes de sardines (les meilleures du monde) et nous voici en train de pédaler sur une piste qui n’est que succession de petites bosses, des « tucs » comme on dit dans les Landes mais définitivement La Vendée à vélo c’est génial . Les pistes cyclable y sont fabuleuses et le fléchage est parfait  !!

Entre Jard-sur-Mer et La-Tranche-sur-Mer nous longeons la côte au pied des dunes. Il y a des vans aménagés un peu partout, visiblement le camping sauvage est toléré sur cette zone et les surfeurs le savent.

Pour nous, il est l’heure de délaisser la côte pour nous enfoncer dans les marais et à nous les longues lignes droites le long de la route nationale, vent de face avec pour seul décor les marais ou des champs plus ou moins en jachère … depuis notre départ, nous avions été épargné par cette monotonie des paysages : le pertuis breton a cédé la place au marais poitevin et le paysage est desséché et austère alors la plus petite des zones de mouillage nous semble remplie d’un charme fou !

La Dive est une pointe de terre longeant Le Lay avec pour seul décor des terres agricoles.
C’est plat à perte de vue, pas âme qui vive, quel étrange décor que ce no man’s land …

… mais c’est toujours moins monotone que la vaste étendue désertique quadrillée de kilomètres de canaux rectilignes qui nous attend l’après midi.

Le vent nous est défavorable et c’est avec soulagement que nous rejoignons une piste ombragée, en bordure de canal et à l’abri du vent, ce canal que nous suivrons jusqu’aux portes de la ville, nous voici arrivés à La-Rochelle !!

Aujourd’hui et sans doute pour la première fois nous avons puisé dans nos ressources mentales car la traversée de ces marais s’est révélée bien longue … c’est ce que l’on appelle une étape de transition. Ce soir nous faisons étape à La-Rochelle et nous étudions notre étape du lendemain, rituel quotidien ! Un peu épuisés par notre lutte contre le vent de la journée, la perspective des 132 kilomètres qui nous attendent pour rejoindre Royan avec une infime partie en bordure de côte ne nous emballe guère. 132 km c’est dans l’absolu faisable dans la journée mais au moment de décoller et pour la première fois depuis notre départ nous doutons : non pas de nos forces mais de la lassitude face aux 100 km à l’intérieur des terres à longer parfois routes et autoroutes, sans compter que le vent s’annonce plus violent que la veille alors sur un coup de tête, c’est en train  que nous rallierons Royan.

Cerise sur le gateau, cela nous laisse une bonne heure pour visiter la Rochelle et ce matin, c’est bien plus calme la veille au soir !

Arrivés à la gare de La Rochelle, nous avons un léger à priori. La galère des transports en train avec un vélo nous connaissons et nous n’y échapperons pas ce matin : on enlève les sacoches, on porte les vélos, on revient chercher les sacoches, on se presse … et on finit même par s’accrocher avec un voyageur qui trouve inadmissible que nous voyagions en train avec nos deux-roues compte tenu de la place que cela exige ! Nous touchons du doigt le summum de l’aberration, les esprits s’échauffent mais finalement chacun trouvera sa place et nous arrivons à Royan.

La vélodyssée de la Rochelle à Arcachon

De la gare de Royan au bac qui nous fera traverser l’estuaire de la Gironde il n’y a qu’un pas et en début d’après-midi, arrivés au Verdon,  nous retrouvons la Vélodyssée et cette côte d’argent que nous connaissons si bien … nous sommes dans le dernier tiers de notre périple, tout droit vers le sud !

A la pointe du Médoc, la Vélodyssée longe l’ancienne voie de chemin de fer et c’est bon train que nous arrivons à Soulac-sur-Mer. Encore une station que j‘ai fréquentée petite. A l’époque je n’étais sans doute pas sensible à l’architecture car je ne me souvenais pas que le centre de la petite ville était aussi charmant. Un charme désuet qui transpire à chaque coin de rue avec toutes les villas Belle-Epoque magnifiquement entretenues. Le ciel est bleu, le soleil généreux et nous filons vers Montalivet. Trop vite sans doute car en écrivant cet article et en triant les photos, j’éprouve une nostalgie à ne pas avoir profité davantage de cette magnifique piste cyclable entre forêt et océan mais nous étions pressés de prendre notre deuxième bain en deux semaines de voyage !

C’est aussi la deuxième fois que nous sommes chanceux en réservant à la dernière minute l’ultime emplacement du camping. Nous avons une bonne étoile au dessus de notre tête ! Nous protègera-t’elle pas de la pluie annoncée pour demain ? Nous verrons bien et en attendant, nous filons nous baigner et que c’est bon de retrouver nos plages et nos vagues !!

Effectivement pas de miracle au petit matin, les prévisions météo se sont révélées parfaitement exacte et depuis 6 heures il pleut. Leçon à retenir : se méfier des plus belles soirées, elles sont suivies de journées pluvieuses !
Même si nous n’avions pas été épargnés jusque là, c’est la première fois que nous démontons et plions la tente sous une pluie continue et dense, de celles qui vous trempent jusqu’aux os en un rien de temps. Malgré nos ponchos, à l’heure du départ nous sommes déjà imbibés d’eau de la tête aux pieds !!

La piste cyclable est déserte (tu m’étonnes Elton) mais heureusement agréable ; il faut toujours positiver et c’est bien utile car le vent entre dans la danse et les rafales de pluie et nous fouettent. Je vide régulièrement l’eau accumulée dans mon poncho qui fait office de cuvette. Même en Bretagne avec la tempête nous n’avons jamais eu aussi froid ! Du coup, on pédale dans un autre état d’esprit, notre mantra : plus vite on pédale, plus vite on sera arrivés !

Ca marche et tant pis pour le décor, nous prenons tout juste le temps de regarder les quelques maisons forestières qui jalonnent le parcours. Montées et descentes s’enchaînent, ce sont les fameux tucs qui commencent et ils sont nombreux ! Le fléchage laisse parfois à désirer mais nous arrivons à Lacanau où seuls les Surfeurs du Lacanau-Pro sont à la fête, les vagues sont impressionnantes !

A l’approche du Cap-Ferret les averses se raréfient et arrivés à la pointe, il fait presque beau … mais pas tant que ça ! A pied, à vélo, en trottinette ou en roller, la plage doit être déserte, tous les vacanciers sont passés en mode actifs et la piste cyclable grouille de monde, une vigilance de tous les instants est indispensable !! Nous rejoignons le débarcadère pour une traversée du bassin en bateau pour rejoindre Arcachon (oui, on a choisi le plus court, contourner le bassin était au dessus de nos forces après cette journée dantesque). Nous nous délectons de cette traversée de 30 minutes à prix d’or et ce soir ce sera hôtel, douche bouillante … et diète (nous sommes tellement crevés par cette journée qu’on n’a pas le courage de se rhabiller pour sortir dîner) !!

Depuis notre départ nous avons parcouru 1111 kilomètres,  nombre parfait sans tricher !!

la vélodyssée, la dune du Pilat et les tucs

Le lendemain matin, s’extirper d’Arcachon n’est pas une mince affaire. Il y a énormément de monde et la piste cyclable se résume parfois à un simple trottoir qu’il faut partager avec les piétons. Plus la dune du Pilat se rapproche et plus les cyclistes sont nombreux mais nous ne croisons pratiquement aucun voyageur à vélo, que des sportifs pressés et nerveux,  surprenant constat !

La voie verte est magnifique, sinueuse, faite de montées et des descentes. Au détour d’un virage on aperçoit l’océan, timide, caché au loin d’imposants pins. Le ciel est bleu azur, enfin, et le contraste des couleurs une féérie pour les yeux. Le soleil qui cogne, les effluves iodées, l’odeur de la résine de pin, les aiguilles grillées qui jonchent le sol … tout cela nous est très familier et je me sens un peu schizophrène, balançant entre la joie de revenir chez nous et la tristesse de voir arriver les dernières étapes. Nous sommes à environ  250 km de la maison … déjà !

Nous passons devant le camping « Les flots bleus », rendu célèbre par les films « Camping » et la pause s’impose. La boutique de l’accueil est incroyable, comme dans un musée, T-shirts, marcels, mugs et autres souvenirs entièrement dédiés au film avec la célèbre réplique « alors, on n’attend pas Patrick ? » s’entassent dans un bric-à-brac sympathique !

A la sortie de Biscarosse-Plage, une première surprise nous attend : quelques kilomètres de montée à 10%, un tuc inimaginable, c’est presque la dune du Pilat dans la forêt qu’il faut franchir. La descente n’en est que plus vertigineuse et également dangereuse, en raison du pourcentage de pente mais surtout de la fréquentation (à noter pour les prochaines vacances, pas de congés la semaine du 15 août).

C’est ensuite le Pays de Born qui nous attend. La piste avance d’un étang à un lac en passant par de petits canaux. Cette étape s’est révélée merveilleuse et roulante. On a avalé plus de 90 kilomètres sans la moindre souffrance et c’est au camping municipal d’Aureilhan, à l’entrée de Mimizan que nous plantons la tente. Ce soir, nous dévorons nos pizzas face à l’immense lac sur lequel donne notre emplacement tout au fond du camping. A quelques centaines de mètres c’est un patio fleuri si bien nommé « La promenade aux fleurs » qui nous attend, un endroit enchanteur pour terminer cette belle journée.

La Vélodyssée dans les Landes

Depuis que nous avons laissé le département 33 pour pénétrer dans le 40, chaque coup de pédale nous propulse vers la fin de notre périple. Les deux prochaines étapes seront cool, deux demi-étapes avec pause baignade (les « vraies » vacances) dans nos familles respectives.

Nous traçons la route vers Contis-Plage. La piste est belle, légèrement vallonnée et résolument sauvage. Le gemmage est toujours une activité qui se pratique dans cette partie de la forêt landaise même si les petits pots en terre cuite « les cutiots » on cédé la place à des sachets plastiques nettement moins esthétiques mais cela ne tente pas le gredin !

Au détour d’un virage le phare de Contis surgit, comme drapé dans un ruban de tissu noir et blanc. Je l’aime depuis toute petite et il me procure toujours la même émotion, celle des souvenirs de vacanes mais je vais vous épargner ça, ça prendrait des pages !!

Lit & Mixe (première pause en famille), Léon, Vieux-Boucau, Saubion (deuxième pause en famille), Hossegor, Capbreton, Tarnos, Boucau … la Vélodyssée trace sa route entre forêts, étangs et bordures de route mais arrivés en bordure de l’Adour, pof, d’un coup d’un seul plus de piste cyclable !! C’est dingue, nous voici à longer l’Adour en bordure d’une nationale extrêmement fréquentée, sans la moindre protection sur une dizaine de kilomètres avant de pénétrer dans Bayonne. Nous ne sommes pas les seuls à nous faire piéger. Il y a des familles avec des enfants et vraiment, cette portion est EXTREMEMENT DANGEREUSE !!!

Pause café sur la place de la mairie à Bayonne. A paertir d’ici, nous abandonnons la Vélodyssée puisque nous rentrons en Béarn, ce sera l’occasion d’un ultime billet mais il me tient à coeur de vous faire découvrir notre belle région alors j’espère que vous n’en avez pas trop marre !!

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