De Brest à Hendaye (ou presque) en voyage à vélo #6

La côte Atlantique à vélo, de Nantes au Pornic

Je reprends le fil de notre périple;  partis de Brest une semaine pus tôt, nous étions arrivés à Nantes en longeant le Canal de Nantes à Brest.
A Nantes, dormir à l’hôtel faute de camping a été un luxe salvateur et récupérateur … on en a même oublié de se réveiller et du coup, ce n’est que vers 11 heures que nous décollons de l’hôtel pour la visite de Nantes, la ville qui se prête si bien au vélo. Tout est pensé pour en profiter pleinement, les voies cyclables dignes de ce nom sillonnent toute la ville et puis la configuration naturelle de la ville fait que les côtes sont rares. Même chargés, cette promenade urbaine a été un enchantement.

Nantes, la cité des Ducs aime le vélo !

Nous avons suivi la ligne verte, cette boucle matérialisée par une ligne tracée au sol permet de découvrir l’essentiel de la ville en empruntant des rues sans voitures. Certains passages sont plus favorables aux piétons qu’aux cyclistes et certaines ruelles bordées de terrasses était carrément impraticables tant il y avait de monde alors régulièrement nous avons posés nos vélos pour flâner : place royale, miroir d’eau, passage Pommeraye, jardin des plantes, cathédrale et bien sûr le château des ducs de Bretagne, nous avons fait les incontournables avant de filer vers l’île de Nantes. Là encore, sur les quais et l’esplanade entièrement piétonne, il y a foule pour admirer les machines de l’île, le carroussel des Mondes mariuns et surtout le gigantesque éléphant ! Toutes ces créations de la désormais célèbre compagnie Royal de Luxe, spécialiste des marionnettes géantes ont largement contribué à l’attraction de la ville.

A peine plus loin, en suivant les anneaux de Buren nous sommes arrivés vers d’autres hangars qui accueillent expositions, espaces baby-foot, skate-park, une librairie, un espace restauration, une immense aire de jeux pour les enfants, un bar … c’est un joyeux bordel ou la convivialité règne en maitre et ce n’est que vers 15 heures que nous quittons Nantes.

Des bords de Loire à « La Montagne », si loin et si proche …

Sortir de la ville c’est le même parcours du combattant qu’y rentrer. Certes c’est fléché (merci La Vélodyssée) mais que de tours et détours, côtes à monter et descendre pour éviter les véhicules motorisés, il faut être extrêmement vigilant pour s’extraire de la métropole nantaise et quand enfin nous regagnons les bords de Loire, c’est pour découvrir de jolies bourgades qui bordent le fleuve. Nous passons à Trentemoult, charmant village de pêcheurs avec son immense pendule de 7 mètres de long, horloge absurde sans aiguille, accrochée à l’ancienne centrale à béton de la commune, symbole du temps qui fuit inexorablement et de la lente déchéance du bâtiment, non moins inexorable.

Nous quittons les berges du fleuve direction La Montagne et je vous assure que ce bled porte bien son nom. Pour la première fois, sur des chemins de terre certes mais quand même, nous mettons pied à terre et pousser un vélo chargé ce n’est pas si facile et c’est avec soulagement que nous retrouvons le chemin de halage au bord du canal de la Martinière, un nouveau canal et on adore ça ! Il est 18 heures quand nous faisons étape au camping du Migron. Juste avant de nous poser, nous avons traversé la réserve du Migron, destination privilégiée pour les mouettes rieuses, un lieu sauvage bien peu fréquenté.

Nous avons tout juste fait 52 km aujourd’hui mais cette étape de transition nous a semblé étrangement longue. Le coucher de soleil sur le fleuve somptueux est une des plus belles images qui me reste de cette étape.

L’estuaire de la Loire à vélo

Toute journée du voyage à vélo commence par un solide petit dejeuner et quand il ne pleuit pas c’est quand même chouette !

Au matin de ce 9ème jour, nous avons longé l’estuaire de la Loire avec St-Nazaire en ligne de mire. Le ciel est gris, la piste cyclable est de sable gris également et cela confère aux lieux une atmosphère étrange et sauvage. Nous roulons face au vent, les écluses ont cédé la place aux carrelets, les kilomètres défilent et le pont de St-Nazaire se rapproche doucement.

Nous arrivons au pied du pont de St-Nazaire, nous découvrons sa forme en « S » au dernier moment, c’est un ouvrage majestueux !

 

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises, les rives de l’estuaire sont jonchées d’œuvres d’art contemporain (certaines signées d’artistes de renommée internationale) et d’autant de lieux remarquables. Les façades des maisons ci-dessous en sont le parfait exemple, quand art se conjugue avec récupération !

C’est ainsi que passant de réserves naturelles à bâtiments industriels détournés, nous arrivons à Saint-Brevin-Les-Pins pour découvrir à marée basse le serpent d’océan, immense carcasse métallique de plusieurs dizaines de mètres de long.

 

La côte de Jade à vélo

Nous longeons la côte de Jade et malgré notre chargement, il est hors de question d’en perdre une miette alors nous prenons l’option corniche. C’est tellement beau et nous nous arrêtons si souvent que St-Nazaire est toujours à portée de notre vue. Nous pédalons en direction de St-Michel-Chef-Chef, nom de village qui vire immédiatement au sketch façon « Les gendarmes à … » et lieu de fabrication des fameuses galettes St-Michel. A partir de cet endroit, la côte prend les couleurs dont elle porte le nom et les vues de carte postale s’enchaînent. La côte est bordée de villas 1900 plus belles les unes que les autres.

Nous atteignons la pointe de St-Gildas. Il y a énormément de monde : promeneurs, ramasseurs de coquillages, baigneurs … et peu de cyclistes. Si bien qu’avec notre chargement, le contact se noue de suite et discuter avec les locaux, nous adorons ça.

De temps en temps des entrées maritimes nous arrosent mais le vent nous sèche aussitôt. Les paysages défilent sous nos yeux en mille et une nuances de gris et je doute que nos photos rendent hommage à ce qui défile sous nos yeux.  Chaque coup de pédale apporte son lot d’émerveillement : le ciel gris confère toujours un éclairage particulier à l’océan. Nuages, rochers, herbes grillées par la canicule des deux semaines précédentes, océan bleu-gris délavé, nous avons un peu l’impression de vivre un rêve éveillé tellement c’est beau et radicalement différent de la côte d’argent que nous connaissons bien et certains endroits relèvent carrément du décor lunaire !

Nous arrivons au Pornic vers 17h30, les petites stations familiales ont cédé la place à une ambiance plus rupine, Le Pornic est aux parisiens ce qu’Arcachon est aux bordelais, le port a même des petits airs de St-Tropez mais ne boudons pas notre plaisir, c’est magnifique. Nous remontons la corniche avec une vue imprenable sur le château qui surplombe le port en face de nous.

C’est aussi le moment où il pleut des cordes, il est plus sage de ranger les appareils photos et de sortir les ponchos, le coupe-vent ne suffit plus. Nous filons à vive allure sur une piste cyclable fraîchement goudronnée, c’est du billard et ça tombe bien car le temps file, le premier camping sur notre route est complet et peu avant 20h, c’est finalement dans un camping **** au prix indécent que nous trouverons un emplacement sous les arbres qui nous protègent un peu de la pluie … demain s’annonce pire mais on a évité le camping sauvage !

A suivre …

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