De Brest à Hendaye (ou presque) à vélo #4

Sur le canal de Nantes à Brest, de Pontivy à Malestroit

Avec des semaines de décalage, je reprends enfin le fil de ce voyage à Vélo en autonomie de Brest à Hendaye. Un itinéraire 100% voies vertes et pistes cyclables de Brest à Nantes au bord du canal (Tous les panneaux parlent du Canal de Nantes à Brest mais pour nous l’itinéraire est à sens inverse, en route vers le sud, nous croisons toutes les bornes kilométriques en compte à rebours) puis de Nantes à Hendaye sur la Vélodyssée. Le dernier billet sur le sujet nous avait laissé à Pontivy dans un état d’esprit assez mitigé.

Contre toute attente, le camping était très calme et sans doute lestés par nos crêpes de blés noir et le litre de cidre nous avons bien dormi. La nuit a été fraîche et de bon matin, nous plions tout, humidité comprise. Les rares table du camping sont prises d’assaut, nous nous installerons à l’entrée de la ville, au soleil pour faire sécher notre matériel au soleil, nous réchauffer et prendre un solide petit-déjeuner. Vers 10h, nous quittons Pontivy direction Rohan.

Sur cette portion du Canal de Nantes à Brest, les écluses sont très rapprochées et nous voyons enfin une péniche en franchir une. Ce spectacle est toujours fascinant et nous en profitons pour entamer la discussion avec l’éclusier. Ici ce n’est pas comme sur le canal du midi, la navigation fluviale est  vraiment restreinte alors les éclusiers fonctionnent en duo mobiles et les plaisanciers doivent les prévenir de leur arrivée 24 heures à l’avance. Ainsi, sur cette portion, les éclusiers suivent les mêmes vacanciers d’une écluse à l’autre.

Au bord du Canal de Nantes à Brest, en bordure de l’Oust perles et joyaux se succèdent

Nous arrivons vite à Rohan, paisible bourgade au petit port de plaisance. Nous longeons toujours l’Oust et la piste cyclable est magnifique, nous progressons rapidement et seule les pauses photos nous ralentissent, ainsi que les écarts que nous imposent certaines familles nombreuses aux enfants pas toujours disciplinés. Sur cette portion, le vélo est une affaire de famille. Retraités en VAE, famille de voyageurs avec des carrioles, petits-enfants en goguettes avec leurs grands-parents … l’ambiance est aux vacances tranquilles et du plus jeune au plus âgé, chacun semble heureux de pédaler. Un jeune garçon, très fier de pédaler avec ses sacoches nous dira que ce sont les meilleures vacances de sa vie … nous le croyons sur parole !

La Bretagne à vélo : de Rohan à Josselin

Les communes que nous traversons sont autant de points de départ et d’arrivée pour ces cyclistes qui profitent comme nous de structures d’accueil idéales. Certains déplorent que l’enrobage de la piste cyclable ait dénaturé le canal, ce n’est pas faux mais la manne touristique est indéniable et les villages qui bordent le canal ont sans nul doute tiré profit de cette nouvelle clientèle.

Les écluses s’espacent de nouveau et toutes celles proches d’un accès routier ont été magnifiquement restaurées, beaucoup font office de gite pour ceux qui font le voyage à vélo en semi autonomie et certaines sont richement fleuries. A contrario, certaines de celles qui sont plus isolées ont été laissées à l’abandon, un éclusier nous expliquera que les entretenir coute trop cher à l’état. C’est également la raison pour laquelle sur le canal de Nantes à Brest, rarissimes sont les éclusiers qui vivent dans la maison de l’écluse. Dans le meilleur des cas, il y passent la journée comme nous allons au bureau. Quel dommage !

Josselin et le château des Rohan

Nous atteignons Josselin en début d’après midi pour la pause café. Cette petite cité médiévale est bâtie à flan de canal. La vue sur le château des Rohan est magnifique, dommage que le ciel soit si gris, nous privant ainsi des reflets du somptueux édifice du XVIème siècle dans le canal. C’est un peu le joyau de la Vélodyssée que nous découvrons ici, comme posé dans un écrin et toute la ville tourne autour de cet édifice. Les touristes ne s’y sont pas trompé et il y a d’ailleurs énormément de monde. Nous ne le visiterons pas, l’itinérance à vélo a ceci de frustrant que nous ne pouvons pas nous éterniser trop … ou alors il nous faudrait des congés à rallonge !

Mention spéciale pour les toilettes publiques du village : c’est une gare du début du siècle dernier qui a été reconstituée au travers de peintures de passagers sur les murs, c’est charmant !

De Josselin à Malestroit : le Vannetais

C’est les yeux ébahis que nous quittons Josselin. Les nuages finissent par se morceler (un peu mais avec les conditions qui nous avons eu les jours précédents, nous ne sommes pas exigeants) et nous découvrons le Vannetais profond sous le soleil.

Nous atteignons Malestroit un peu avant 18 heures. Nous avions bien prévu de faire quelques kilomètres supplémentaires mais le village avec ses maisons à colombages, son moulin, ses ruelles pavées est tellement beau que nous flânons plus que de raison. La vue d’un prospectus pour l’expo photo de La Gacilly achèvera de nous convaincre que pour aujourd’hui, le voyage cesse ici.

C’est l’heure des cyclistes, tous déboulent au camping municipal en famille et rapidement les derniers emplacements libres ne le seront plus. Nous plantons la tente dans un cadre calme et agréable et de l’avantage de n’avoir qu’une petite tente c’est que l’espace nous semble immense ! Chaque soir je m’épate de la facilité avec laquelle nous déballons tout notre bazar et de la place qu’il prend ! En ce cinquième jour, nous sommençons à être au point côté organisation mais s’étaler ainsi c’est tout un symbole, celui du repos !!
Ranger le lendemain matin et répartir tout notre matériel puisque nous sommes en autonomie complète dans les sacoches devient un jeu d’enfant, c’est un peu l’échauffement et le conditionnement avant le départ ! Le camping de Malestroit est top, nous avons une table, de quoi étendre notre linge (les sous-vêtement qui sèchent après la lessive du soir c’est aussi ça le rituel) !

Le camping de Malestroit est nickel et nous profitons même du pot d’accueil à 19h. Certains trouveront que c’est caricatural mais c’est un moment extrêmement convivial partagé entre retraités en quête de vacances au vert et cyclistes.  Chacun raconte son périple et son étape du jour autour d’une immense table qui invite à faire durer le plaisir mais nous nous éclipsons pour flâner dans les rues de la vieille ville et faire le plein de galettes et autres crêpes … avec la bouteille de cidre fruité qui va bien. Malestroit est « la perle de l’Oust » et si ce n’est la piqure de guêpe le soir au restaurant, nous avons tout aimé ici.

 

Petit bilan de ces premiers jours
Etape 1 : Brest – Le Faou(52 km)
Etape 2 : Le Faou – Chateauneuf du Faou (72 km)
Etape 3-4  : Chateauneuf du Faou – Glomel (60 km) / Glomel – Pontivy (77 km)
Etape du jour : Pontivy – Malestroit (81 km)

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