Quelques conseils utiles si souhaitez voyager avec votre vélo … ou comment composer avec les subtilités de l’offre SNCF.
A l’aube de mon départ en vacances, voici un article sur le transport des vélos et la SNCF, un article que j’avais en tête depuis longtemps mais le temps file, les photos de mon précédent bike trip sont à peine triées, des mois que je veux en parler sur le blog et voilà, à quelques semaines de mon nouveau départ, je me heurte à la même problématique et définitivement la SNCF n’est pas « bike friendly ».
Pour faire un voyage à vélo, il faut du temps et si vous voulez diviser ce temps par deux, la solution c’est de combiner vélo et transport en commun … bien plus facile à dire qu’à faire ! Alors qu’on nous fait culpabiliser à longueur de journées sur le plastique, le réchauffement climatique, la pollution, je suis dépitée de constater que le nombre de trains qui acceptent les vélos est sans cesse en réduction.
Et je ne vous parle pas encore de la galère quand vous aurez trouvé un train !
Option 1, démonter son vélo et le loger dans une housse
C’est l’option gratuite (chouette !!) à condition que les dimensions de la housse n’excèdent pas 120×90 cm (oup’s !!).
Traduction, il faut démonter les roues, les pédales, dévisser le guidon … et puis il y aussi les sacoches qui ne rentreront jamais dans la housse et qu’il faudra porter … bref, à part en minivélo, mais là on s’éloigne un peu du concept, je ne vois pas comment c’est possible ! Voilà encore un truc pondu par des énarques qui dans le meilleur des cas se servent d’un vélo pliant pour traverser la rue !
2 – Etudier le parcours (du/des trains)
Il fût sans doute une époque où la SNCF proposait tout simplement une carte des trains ouverts aux vélos. Cette information est aujourd’hui remplacée par une petite case à cocher « Je voyage avec mon vélo » sensée donner l’information en clair et permettre la réservation en ligne … sauf que cela ne fonctionne pas si l’on combine TER et TGV et donc rarement de bout en bout du trajet. A moi donc les joies de la recherche des correspondances multiples avec aléa d’attentes à la gare … et la perspective d’un acheminement qui va durer des heures.
3 – Se méfier : toutes les lignes n’autorisent pas d’embarquer un vélo
Alors, comment ça marche ?
Sur certaines lignes TGV, vous pouvez réserver votre place et un emplacement vélo (payant), sous réserve qu’il existe et qu’il reste des emplacements pour ledit vélo.
Du côté des TER c’est à peine plus simple : la plupart permettent de circuler avec votre bicyclette … sous réserve là encore qu’il y ait des places (on évitera donc les jours d’affluence et les heures de pointe) mais comme vous ne pouvez pas toujours réserver il y a une part d’incertitude que certains classeront côté aventure (pour moi c’est côté stress !!).
Certaines lignes sont payantes, d’autres non et la réservation est obligatoire dans certains cas, mais pas possible dans d’autres, certains Trains Express Régionaux ne comportent aucun espace de stockage pour les vélos … bref, c’est un peu casse-tête !
Et enfin, si l’on est amené à prendre un train Intercités, certains sont carrément « interdits aux vélos non démontés » (retour au point 1 … on n’est pas encore arrivés !)
Petite parenthèse : si vous vous demandez pourquoi la Loire est si fréquentée à vélo, ce n’est pas uniquement parce que c’est plat, et parce c’est château … c’est aussi parce que les trains de la région Loire possèdent des wagons dédiés et cela gratuitement. Chère Madame SNCF, pourrait-on envisager d’élargir cette offre ?
4 – Anticiper votre réservation des billets
Tous les TGV ne comportent pas de wagon spécifique et dans ceux qui acceptent les deux-roues, le nombre de places dédiées aux vélos est souvent limité à 4 par TGV … ça ne va pas chercher bien loin !
Voilà, tout ça c’était pour les « petits » détails avant réservation ! Passons maintenant au voyage en lui-même
5 – Ne pas négliger d’arriver en avance
Beaucoup de gares ne sont pas équipées d’ascenseurs et quand vous devez descendre (puis remonter) les escaliers d’accès aux passages souterrains avec votre vélo, vos sacoches (le tout sous le regard indifférent des agents SNCF). Cela peut prendre un certain temps.
Être super réactif quand le TGV entre en gare. En effet, les voitures TGV n’étant pas toujours à hauteur de quai, il vous faudra hisser le vélo (et les sacoches) en un temps record … et là encore, la plupart du temps sous le regard ébahi des autres voyageurs qui ne comprennent pas cette idée saugrenue de voyager à vélo !
Ce sera d’ailleurs ces mêmes voyageurs qui râleront lorsque vous poserez la bicyclette contre les strapontins alors que le train est bondé … sauf que ces strapontins, c’est l’emplacement que vous aurez réservé et payé.
Enfin voilà, si tout se passe bien, là, vous êtes confortablement installé, en train de souffler après avoir sué sang et eau pour y arriver mais, si vous êtes un poil inquiet comme moi, il est déjà l’heure de stresser à l’idée que le même parcours du combattant vous attend à la descente du train … et éventuellement le bis-repetita à la prochaine correspondance.
Bon, soyons positif, côté TER, c’est facile, les wagons sont à hauteur de quai, tu pousses et ça roule ma poule (sauf s’il n’y a plus de place et là, il faut attendre le suivant).
6 – Repérer sur le quai la voiture qui comporte le local à vélo
La voiture qui accepte les vélo est – si tout va bien – identifiée par un logo et son numéro stipulé sur votre réservation. Arrivé sur place, si vous pouvez vérifier que cette information est correcte c’est mieux car passer d’un wagon à l’autre avec des vélos c’est mission impossible.
Ca aussi c’est du vécu. Alors que nous avions réservé nos places (pour nous et nos vélos), nous avons eu tout juste le temps de jeter sacoches, vélo (et nous même) dans la voiture dont le numéro correspondait à celui noté sur nos réservations. Le train démarre et là, horreur, ce n’était pas la bonne voiture. Nous voilà coincés dans le SAS, bloquant le passage de tous et contraints d’attendre le message salvateur « Ville Truc, Ville Truc, 2 minutes d’arrêt » pour descendre (à fond) et remonter (à fond toujours) dans la bonne voiture … et là, vous savez quoi, et bien il y a des petits malins qui n’avaient pas réservé et qui avaient piqué les places de nos vélos … mais bon, là, t’es tellement épuisé que de toutes façons tu n’as même plus d’agressivité !
7 – Bien choisir sa monture
La SNCF n’autorise que les vélos dits standard. Cela exclut donc remorques, tandems et autres vélos couchés !! Des voyageurs en Tandem on en croise et des familles avec vélo et remorque aussi, je ne sais pas comment ils font si ce n’est de limiter le voyage à sa proche région, c’est quand même un peu dommage !
Moralité
Le voyage à vélo c’est génial et encore plus génial si tu as le temps de tout faire à vélo. Cela requiert un peu d’organisation pour le parcours, les préparatifs mais cela fait partir du jeu et c’est plaisant. Par contre, je vous assure que combiner vélo et train, peut se révéler autrement plus galère.
Je vous prépare la suite avec le vélo et l’avion ! Car oui, comme cette année en train c’était carrément pas possible (3 correspondances, autant d’aléas éventuels, 14 heures de voyage et un billet à un prix indécent) on a choisi d’embarquer nos vélos en soute pour le voyage aller de notre périple. Accessoirement nous avons aussi du revoir notre circuit faute de mode d’acheminement adéquat. Autant vous dire que ça a plutôt intérêt à bien se passer car l’empreinte carbone qu’on va laisser me rend malade … même si on va se rattraper sur le retour !