Pour notre dernier jour à Barcelone, il était hors de question que je ne visite pas La Pedrera, édifice qui illustre si bien les qualités de visionnaire de Gaudi. Nous prenons donc le métro direction le quartier de l’Eixample et plus précisément le Passeig de Gracia qui est à Barcelone ce que les champs Elysées sont à Paris. En ce mardi 1er novembre, pas de chance de dérapage shopping et de toutes façons ce ne sont presque que des enseignes de haute couture qui jonchent l’avenue.
Nous remontons donc le Passeig de Gracia vers la Pedreda. Le quartier est chic, très chic et parsemé de chefs-d’œuvre architecturaux symbole du modernisme de la fin du XIXème siècle. La Pedrera (ou Casa Milà du nom du commanditaire qui destinait cette maison à son épouse … la bagatelle) est un édifice qui m’a fasciné par ses formes si particulières : les vagues qui forment la façade principale et les balcons en fer aux moulures tarabiscotées. L’intérieur n’est pas en reste, la construction se révélant fort particulière : pas un mur porteur, une charpente toute en courbes et recourbes et au sommet les étonnantes cheminées, le rapport à l’espace y est surprenant. Pour la petite histoire, la construction achevée, Pere Milà a refusé de payer l’architecte tant la maison était atypique !
Vaillante, j’ai choisi de ne pas prendre l’ascenseur (Mr Chéri lit l’équipe dans un troquet en bas). Je gravis donc les 7 ou 8 étages par l’escalier en colimaçon et assez essoufflée, je suis récompensée en arrivant sur la terrasse aux multiples dénivelés : une vue magnifique sur tout le quartier de l’Eixample. Je découvre depuis là haut le quadrillage des avenues du quartier, la Sagrada Familiaqui se détache au loin (beaucoup plus belle de loin que de près à mon sens) et les cheminées étonnantes, certaines avec leur visage humain, d’autres en mosaïques … aucun doute, cela vaut le détour, même si le billet d’entrée est un peu cher (15 € tout de même).
Mr Chéri s’impatiente en bas et je redescends vers l’appartement-musée, c’est un véritable voyage dans le passé. Broderies à l’ancienne, fer forgé et ustensiles anciens, rien de manque. Cela reste un musée mais non dénué de charme et j’ai circulé de pièce en pièce comme dans un décor de cinéma. ‘appartement a la particularité d’être organisé en rond, autour d’une cour intérieure centrale, une fois encore, le rapport à l’espace est complètement bouleversé. Dire que quelques privilégiés ont aujourd’hui encore un appartement dans cet immeuble … c’est fou !!
La visite terminée, je retrouve Mr Chéri. Nous flânons un peu sur le Passeig de Gracia puis dans les petites rues transversales jusqu’au restaurant du jour : La Bodegueta Carrer de Procença une adresse que je vous recommande vivement si comme nous, vous êtes amateurs de vins (et même dans le cas contraire d’ailleurs). La carte y est particulièrement sélective, le décor est moderne mais pas trop lounge et surtout, les pinchas (entre tapas et plat) sont à tomber. Si vous y allez, ne passez surtout pas à côté des « patatas bravas », les meilleures de Barcelone !!!